A Dieu Angèle !

A Dieu Angèle !

C’est avec une profonde tristesse que nous vous faisons part du décès de Angèle JOURDAN, survenu le dimanche 15 mai 2022, à l’âge de 90 ans.
Angèle a été assistante à l’Olivier dès sa fondation en 1989. Elle fait partie de l’histoire fondatrice de L’Olivier. Nous lui devons beaucoup !
La cérémonie religieuse a été célébrée le mercredi 18 mai à 14h30 en l’église de Bruz.

Obsèques d’Angèle JOURDAN

Église de Bruz – 18 mai 2022

Homélie du Père Olivier : Sainte Angèle ???

Aujourd’hui, nos cœurs sont tristes car nous pleurons le départ d’Angèle : une tante, un membre de votre famille, une amie, une paroissienne et surtout une grande et fidèle amie de la communauté de l’Olivier. Pourtant dès le début de la célébration, nous avons chanté notre joie. Pourquoi cette drôle d’idée ? Sans doute parce que quand quelqu’un meurt, nous aimons faire un retour en arrière et jeter un regard rétrospectif sur le passage sur cette terre de celle qui nous a quitté et voir tout ce qu’il y a de beau dans cette vie. C’est bien ce que vous avez fait au début de cette célébration : vous les membres de la famille d’Angèle, ces nièces. Et vous membres de la communauté de l’Olivier. Regarder la vie d’Angèle et y discerner toutes les belles choses qu’elle a pu vivre. Faire comme ces bouquets de fleurs que l’on a apporté au début de la célébration : cueillir toutes les fleurs de la vie d’Angèle, elle qui les aimait tant et en faire un beau bouquet.

Pourtant, les personnes que j’ai interrogé sur cette vie ont toutes cru bon d’ajouter : « mais ce n’est pas une sainte ! ». Elle avait son caractère bien trempé, ses exigences et ses manies.

Soyons honnêtes, frères et sœurs, qui n’en a pas ici ? Je ne vous ferai pas l’affront de demander de lever les mains à ceux qui n’en ont pas… Croyez-vous vraiment que les saintes et les saints sont tous des gens sans aucun reproche possible ? De blanches colombes immaculées sans caractère et sans faute ? Si c’était cela la sainteté, je ne crois pas qu’il y en aurait autant aujourd’hui. Et pour prendre le dernier exemple en date, Charles de Foucauld, canonisé ce dimanche, au jour même où Angèle a rejoint le Père du Ciel, n’était pas un saint sans aspérité et sans avoir un caractère bien trempé.

Aussi, je ne suis pas chargé de dire si Angèle est une sainte. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser à travers tout ce qui a été dit d’elle, qu’il y a, a minima, des traces de sainteté dans cette vie. J’en relève quelques-unes : 

  • L’humilité et la simplicité de vie d’Angèle. Vous avez parlé de sobriété heureuse, reprenant l’expression du Pape François.
  • La qualité des relations qu’elle a sue nouées tout au long de sa vie avec tous. Sans doute d’abord en Afrique. Puis ici à l’Olivier tant avec les personnes accueillies qu’avec les assistants, les salariés ou les bénévoles qui trouvaient toujours sa porte ouverte, son cœur ouvert à l’autre, à l’écoute de ses difficultés comme ses joies.
  • La place de la prière fidèle dans l’adoration de Jésus Hostie à la chapelle de l’Olivier qui était un peu sa deuxième demeure,
  • Son attachement à la Parole de Dieu qui lui a même valu ce court séjour à l’école Biblique de Jérusalem,
  • Son amour de l’Église et particulièrement celle de Vatican II,
  • Son émerveillement pour la Création, encore ces derniers mois lorsqu’elle se promenait dans le parc de « Ma Maison » à Rennes.

Tous ces souvenirs d’Angèle, nous voulons les retenir à juste titre. Car nous en sommes les gardiens, comme d’un trésor de vie et de foi qu’elle nous lègue aujourd’hui. Nous ne verrons plus Angèle comme nous l’avons croisé, connu, aimé. Mais forts des expériences vécues avec elle, nous sommes les gardiens des traces de sainteté qu’elle a semées ici ou plus loin en Afrique. Comme elle, notre joie est d’être en route vers la sainteté et de la semer par ces petites traces qui rendent ce monde plus beau.

Amen.

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